Simplication

des procédures, des formulaires, des objets et des concepts

simplifier l'interdiction

Rédigé par dir 14 commentaires
 
 
Interdire, c'est devenu bien compliqué ! Il faut se faire comprendre, diffuser, déléguer, répéter, gérer les exceptions, s'assurer de la légalité, contrôler, sanctionner.
 
Pour simplifier, on pourrait 
  • tout autoriser (illusion sociale de "il est interdit d'interdire") 
  • réduire le périmètre pour se concentrer sur ce qui pose problème
  • inverser (tout ce qui n'est pas autorisé est interdit) 
  • rendre tabou afin que s'exerce l'auto-censure
 
 
Classé dans : théorie Mots clés : aucun

14 commentaires

#1  - JCR a dit :

interdire est aussi compliqué que légiférer

Répondre
#2  - BBr a dit :

Interdire est une question de pouvoir. C'est imposer sa volonté à l'autre.
Pouvoir legal. (l'état)
Pouvoir physique. (les flics ou une bande de jeunes dans le metro par exemple)
A la limite, aucune justification n'est obligatoire. "C'est moi qui décide, donc je peux t'interdire de .."
Toute interdiction est liée à une sanction.

Répondre
#3  - Christine D a dit :

Quant à interdire, tout de suite je dirais autorité bien sûr, même bienveillante (des parents ou des enseignants par exemple).
Qu'il n'est compliqué d'interdire que dans une entité démocratique ou libre car ça suppose que ce soit compris ou accepté. Et donc un motif légitime. Mais alors, l'interdit ne devient il pas un consensus? Nécessité fait loi?
Pour une dictature ou une organisation extrêmement patriarcale, l'interdit, y compris de penser par soi même, est un mode de fonctionnement: "j'ai dit" et point final.
La transgression est inévitable, impossible d'obtenir 100% d'adhésion ou de respect. La complication c'est d'y tendre au plus près. Par la pédagogie, l'agitation des peurs, l'explication ou par un arsenal de mesures coercitives et punitives. Les deux à la fois, la punition étant le moyen ultime.
La transgression peut engendrer une punission spontanée et sans intervention tiers (s'il est interdit de jouer avec un couteau, en me blessant d'y avoir joué, je me punis moi même). Du coup elle devient pédagogique? Ou la punition par un tiers peut avoir valeur d'exemple pour les autres qui seraient tentés.
Auto interdiction, auto censure. Résultante de pressions politiques, sociales, culturelles, religieuses, peurs ou craintes personnelles ou manque d'assurance: ''j'voudrais bien mais j'peux point''

Répondre
#4  - Marielle B a dit :

j'ai envie de suggéré des ajouts à ton schéma, pourtant déjà très complet et touffu.

D'abord, sur la branche "par qui", tu as mis une sous-branche "groupe" que tu as associée à la notion de "procès ". A côté de "procès", je mettrais la notion de "réputation". Classiquement le conformisme (dicté par le désir de préserver son appartenance au groupe) est un puissant levier de régulation sociale. C'est ce qui donne le vrai pouvoir aux acteurs économiques dans la société de consommation : rien n'oblige à acheter le dernier IPhone mais s'en désintéresser c'est assumer de passer pour une buse. C'est aussi ce qui fragilise les pouvoirs étatiques (et, plus généralement, pouvoirs constitués) qui maîtrisent de moins en moins les conformismes. A la chute des idéologies (pardon du cliché !) sajoute le phénomène des réseaux sociaux qui créent un écosystème anarchique et prolifèrant de communautés fondées sur des représentations et paradigmes (et donc des conformismes) plus ou moins fantaisistes.

A la branche "comment", je suggérerais bien une sous branche "responsabiliser" , c'est à dire mettre l'individu en situation d'assumer les conséquences de ses actes et d'en déduire le choix qui maximise son intérêt. C'est le principe de la pédagogie par l'erreur. Évidemment, ça n'est pas très opérant si le choix dont on veut dissuader les indique est associé à un risque perçu comme improbable, lointain, indirect. Un moyen peut être alors de raisonner dans une économie plus globale. Dans ce genre, le "système de points" chinois est assez bien trouvé .. mais inacceptable dans une démocratie. Pour autant, ça peut exister dans nos contrées à échelle plus limitée : couper les allocations pour les parents dont l'enfant est trop régulièrement absent du collège. Et, dans les circonstances présentes, conditionner certaines activités (prendre l'avion, aller au cinéma, au théâtre ou au restaurant) par la disposition d'un passeport vaccinal pourrait une option intéressante à examiner.

Répondre
#5  - Louis B a dit :

Je n'ai rien à ajouter à ton magnifique schéma, il est bien assez compliqué comme ça ...

Mais je permet de te suggérer une étude connexe. Non pas "Comment compliquer pour interdire", mais plus sournoisement "Comment compliquer pour que des droits légitimes deviennent inaccessibles". Par exemple, comment rendre l'obtention d'une carte de handicapé si difficile que certains y renoncent, ainsi qu'aux avantages sociaux qui vont avec. L'actuelle campagne de vaccination contre la covid offre sur ce sujet un champ d'étude fort intéressant.

Répondre
#6  - Claude C a dit :

Interdire me semble être un acte de domination ( décider à la place des autres)
Les motivations qui lui sont liées diffèrent,
selon leur bien fondé : protecteur ( la loi démocratique) , éducatif ( la famille, l'école de la république)...
ou bien l'exercice d'un pouvoir aux finalités aliénantes s'exprimant contre la liberté démocratique ( lois dans les pays totalitaires) , et la liberté de penser ( censure, expressions et interprétations des textes religieux et dogmatiques ( pouvoir spirituel exercé sur les âmes) et de l'éducation ( formatage) dans les pays totalitaires .
Il ne m'apparait pas qu'interdire soit compliqué, mais contraindre ceux auxquels s'adressent les interdictions de les admettre relève de la complication. C'est peut être là que doivent être proposées les règles de la simplification mais pas seulement...

Répondre
#7  - John a dit :

Et bien non pour moi interdire ce n'est pas compliqué.

Il suffit d'appliquer la règle des 3L pour réussir une interdiction.

1/ il faut être Légal ou Légitime donc disposer d'une autorité pour soumettre l'interdiction
2/ il faut être Logique, l'interdiction doit avoir une justification, elle doit pouvoir être comprise sans équivoque
3/ il faut être Loyal c'est à dire éviter toute forme de discrimination ou d’abus de particularisme ou encore d'incitation à la faute

Simple non ?

Répondre
#8  - jc R a dit :

Interdire c’est manager (inverse est faux), càd décider et faire appliquer

Répondre
#9  - Jean-Marie a dit :

Le secret de la liberté d'agir réside dans sa discipline. Il n'y a ni autorisation ni interdiction mais un choix entre deux options, souvent entre deux "biens". Je prend l'une, je réfute l'autre, ou je trouve la tangente. Décider est une démarche intime mais constante dont la méthode (discipline) s'améliore au fil des expériences et des apprentissages. Mettre chaque personne, en situation de décider pour elle même est la base de tout système démocratique. C'est ce qui va faire son pouvoir personnel mais aussi très souvent, au regard des autres, sa "valeur personnelle".

Renforcer l'éducation à choisir soi-même est une donc le premier élément. Sur le plan sociétal c'est plus compliqué. La démarche consiste à mettre en œuvre les moyens politiques pour faire se décider les citoyens à l'activation des conditions qui garantissent leur propre pouvoir personnel qui s'inscrit dans le cadre d'une liberté collective et donc en accepter les règles qui en définissent la légitimité. Il existe également des lois pour les période d'incertitude, d'urgence et de danger. Ceci se vérifie constamment en mer. L'obéissance fait partie de la discipline.

J'ai bien les trois "L" de John écho du discours de Périclès en pleine épidémie de peste et aussi de guerre.

Répondre
#10  - KB a dit :

En lisant un document intéressant sur interdire (voir lien), je trouve le
terme "tabou". Pour l'auteur, il considère que le tabou indique une
interdiction collective qui peut s'entendre au propre (ne jamais faire
quelque chose) comme au figuré (ne pas dire une chose, ne pas aborder un
sujet, ne pas même y penser)" .
L'auteur mentionne aussi que "la culture éduque le désir et non plus que
les interdits le disciplinent" (p 1).
:
http://vademecum-philosophique.fr/wp-content/uploads/2013/03/Le-Vademecum-philosophique.-Linterdit.pdf

Répondre
#11  - Armand a dit :

Quoi de plus simple que de travailler sur un périmètre réduit ? En effet, l’interdiction d’accéder à des zones périphériques ou excentrées permet de supposer qu’elles sont sans intérêt. On peut ainsi se concentrer sur ce qui est porteur de sens ou ce qui pose problème. D’une façon courante, un prof de Français ou de philo donnera un sujet de réflexion à ses élèves en précisant « vous ne considèrerez pas l’hypothèse X ou Y etc… »

Répondre
#12  - François M a dit :

Selon les cultures

Répondre
#13  - Catherine C a dit :

Ne pourrait on utiliser le Nudge, la théorie du paternalisme libéral utilisé en marketing en économie en écologie. Pouvoir inciter en douceur les individus à changer leur comportement .Autrement dit persuader sans menacer . Utopie tout n'est hélas qu'utopie 🪰la mouche dans la cuvette ne marche pas pour tout

Répondre
#14  - Johs S a dit :

Et bien... je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette approche du problème.

Il s'agissait de débattre sur la complexité d'interdire. En conséquence l'analyse et le contrôle sont hors sujet. Le problème doit se concentrer sur l'interdiction, toute interdiction empêchant l'exécution d'une action.

Déjà quand sommes nous amenés à formuler une interdiction ?
1. En cas de danger pour soi, pour des personnes ou des animaux, ou pour préserver quelque chose
2. En cas de nuisance publique ou privée que l'on souhaite éviter ou causer (interdire pour nuire)

Reste alors à formuler l'interdiction qui doit respecter quelques règles...

1. Le public visé par l'interdiction
humains (sexe, race, âge éventuellement)
animaux (race, taille ou poids)

2. L'espace temps de l'interdiction
est-elle permanente, momentanée, à certaines périodes, concomitante à un événement ?
porte toi elle sur une aire de déplacement, une contrainte de temps vitesse ?
s'agit il d'une limitation de gabarit ?

3. Les risques encourus par celui qui viendrait à enfreindre l'interdiction
le ou les dangers encourus, le ou les dangers susceptibles d'être provoqués par le non respect de cette interdiction
la ou les sanctions auxquelles s'expose le responsable du viol de l'interdiction

Si nous formulons correctement à partir de ces règles P E R notre interdiction elle a dès lors toutes chances d'être comprise et applicable. Pour autant elle ne sera admise que si la règle des 3L est respectée dans son fondement.

Répondre

Écrire un commentaire

Capcha
Entrez le code de l'image

Fil RSS des commentaires de cet article