Simplication

des procédures, des formulaires, des objets et des concepts

convaincre en toute simplicité

Rédigé par dir 10 commentaires

De prime abord, il est bien complexe de convaincre et de rapprocher deux points de vues. Il faut en effet écouter, expliquer, malaxer jusqu’à rendre perméable, reformuler, valider les points d’ouverture et y revenir souvent. Donc la question d’apporter de la simplicité à l’art de convaincre est légitime. Déjà la rhétorique des Aristote, Démosthène, Cicéron et autres Quintilien recherchait comment amener une personne à accepter ce qu’auparavant elle ne pensait pas ou n’en avait aucune préoccupation.
Un instantané pourrait-il aisément convaincre ? On raconte que le bruit d’une portière de voiture qui se referme assure à l’acheteur de la robustesse. L’image de la petite vietnamienne fuyant le bombardement au napalm décrit l’horreur de la guerre. Schopenhauer - voir aussi le film le brio - recommandait l’utilisation de métaphores favorables, c’est-à-dire le recours à des analogies proches du contexte.
Une méthode, que d’autres appelleront stratagème, m’est nécessaire pour tracer un chemin qui paraîtra facile d’accès à mes propositions. Ainsi, pour conduire à son point de vue, il convient d’instiller un sentiment fort, tel la répulsion, la puissance, la compassion, … qui concerne ceux à convaincre car on ne les persuade que par leurs propres motivations.
Plus l’argument est concis mieux il est percutant, mieux il atteint sa cible. Le principe du rasoir d’Occkam incite à choisir les explications aisément compréhensibles et à s’éloigner des formulations ampoulées. Ici la forme et le fond sont indissociables ; notre cerveau accepte volontiers ce qui est facile à comprendre et tend à rejeter un contenu dont le contenant est compliqué.
Pour atteindre la parcimonie de l’argumentation, celui qui veut convaincre doit s’en imprégner avant que de l’émettre ; c’est le sens que donnait Boileau au célèbre aphorisme "ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément". L’imprégnation est aussi saluée par Descartes, pour qui "ceux qui digèrent le mieux leurs pensées afin de les rendre claires et intelligibles peuvent toujours le mieux persuader de ce qu’ils proposent"
L’imprégnation la plus naturelle ou la plus facile est d’être convaincu soi-même ; l’exemplarité, le leadership et les vertus de l’expérience irradieraient la confiance par l’authenticité et l’honnêteté intellectuelle. Cependant c’est faire peu de cas de l’argumentation du commercial à qui la firme ne demande que vendre et, Abba Eban élargit l’écartement en énonçant que "la propagande est l’art de persuader les autres d’une chose à laquelle on ne croit pas soi-même".
En fait, le plus simple, comme toujours, est de ne rien faire. Il est des points de vue irréconciliables par essence. Le premier examen du simplificateur est de repérer de tels situations afin de ne pas investir en pure perte d’énergie ou d’éventuellement étudier comment renforcer ses propres arguments. Il est probable qu’un débat entre croyants acharnés ou une polémique politique méritent, à ce titre, l’évitement.
La frontière entre persuader et convaincre, entre séduction et raison devient plus floue ; d’autant plus floue que la simplification appelle au sentiment, vante la parcimonie et recommande l’appropriation.

Sur le site Cnrtl, on lit que les antonymes du verbe convaincre sont douter et dissuader ; on peut y admirer une belle galaxie des mots proches http://www.cnrtl.fr/proxemie/convaincre.

 

 

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