ONG
Rédigé par dir 14 commentairesAu printemps 2026, le Burkina Faso a suspendu les activités de 350 ONG pour non-respect de la législation et possibles collusions.
Pourquoi douterait-on de leur vertu alors qu'elles se targuent d'agir pour le bien commun, sans contrainte ni profit ? Une vertu affichée subit toujours l'épreuve du terrain et parfois s'y transforme. Sous quelle impulsion ?
Deux observations justifient la question. La première constate la rudesse avec laquelle certaines ONG imposent leurs propres valeurs - la sauvegarde des baleines pour Sea Shepherd va jusqu'à l'arraisonnement de bateaux de pêche-. La seconde dénombre des milliers d'ONG dans l'humanitaire, le social et le vivant (dont les plus connues sont Oxfam, Handicap International), leur cohorte de personnels (70 000 sont employés par Médecins Sans Frontières) et les mille milliards d'euros qu'elles drainent.
Nous avons découvert que toutes les ONG portent un gène qui les oblige à un surcroît de complications et qui, quand il mute, les conduit à la dissonance.
Ce gène pernicieux s'appelle **la légitimité -sans elle, ça dévie, avec elle, ça complique-
~La dissonance~ potentielle entre les idéaux et le résultat de l'action transparaît sous les quatre *M* :
- Monnaie. Les bailleurs de fonds influencent l'agenda jusqu'à transformer l'ONG en leur opérateur technique. La caution morale d'indépendance financière en est alors gravement affectée.
- Modèle.Le modèle standard conçu en Occident s'impose au Sud sans adaptation spécifique. Les savoirs et la culture autochtones s'en trouvent négligés.
- Maître. La relation entre sauveur et sauvé reproduit une forme de domination. La solidarité y est rognée.
- Média. Une crise est souvent d'autant mieux couverte que la communication s'y intéresse. Les besoins d'autres crises en sont oubliés.
~La complication~ administrative surgit à force de toujours devoir justifier de sa légitimité à intervenir : retracer des financements aux logiques disparates, multiplier les communications des comptes et des actions, surmonter la bureaucratie propre à chaque pays affectant visas et transferts de fonds, contenir l'ingérence des autorités locales, gérer les protocoles de sécurité dans un chaos.
L'exigence de légitimité impose la complication de gestion et fragilise le lien entre idéal et pratique.