Simplication

des procédures, des formulaires, des objets et des concepts

soutenir une liberté attaquée

Rédigé par dir 2 commentaires

ball_red-20super-2040-20pc.tbLa liberté1 concerne une population déterminée mais implique aussi les autres qui la regardent comme modèle ou l’exècrent. Elle est urbi et orbi. La liberté génère immanquablement de sains débats, des opinions contraires, des réactions, des mécontentements2 et des attaques. Ceux qui attaquent une liberté disent leur désaccord et, par là, qu’elle soit retirée3.

Le désaccord naît du fossé des cultures, des convictions profondes, de l’incompréhension, du mur des esprits non éduqués4, d’opportunités ou de manipulations et s’exprime par des écrits, des défilés, les ingérences, la désobéissance civile, des vociférations ou des violences.

La crainte s’insinue et le besoin de sécurité augmente ; la liberté est mise en balance. Alors, dans un double mouvement, les promoteurs de la liberté la soutiendront dans leur espace et porteront la contre-attaque dans le camp adverse. Ce sont des mouvements millénaires quand un château est assiégé5. La suite du siège est incertaine car il n’y a pas de sens à l’Histoire : Le château paraît se libérer, parfois il se rend, parfois encore un évènement extérieur fort rompt l’affrontement binaire. La liberté est bien fragile.

La reddition présente un large spectre, brutale par l’abandon de la loi qui protégeait la liberté, discrète avec son encadrement6 ou subtile par un appel à une modération individuelle. Subtilité de la modération mais aussi perversité : elle ne prive d’aucun droit mais rogne, dans les faits, la liberté affichée7 et, in fine, un seul individu qui y recourt jusqu’au paroxysme peut tout faire écrouler. Souvent les contre-pouvoirs contiennent la tentation de réduire la liberté.

Le soutien confirme la liberté dans toute son étendue et se décline en indifférence, humour, ou commémoration. Le soutien essore des mécontents mais en renforce d’autres.

La contre-attaque dite proportionnée, part de gentilles explications8 jusqu’à la reproduction de la liberté ; elle évolue en zone de danger car elle cède à l’émotion, sert à "montrer ses muscles" et entraîne les surenchères.

La tension est dans le temps court. Dans le temps long, la liberté s’élabore et le château peut s’entourer de douves. La référence de la liberté à la loi9 permet le malaxage du débat pour une communauté de vie entre citoyens. L’élaboration ou la surveillance des libertés permettent d’intégrer10 les aspirations de la société, de tester les interprétations multiples qu’occasionnent les libertés floues, de s’informer11 de toutes les opinions, de prévoir les conséquences des oppositions et de déterminer les accompagnements et les réponses. La connaissance préalable des mécontentements éviterait la sidération de l’attaque.

 

Merci pour leurs lumières dans cette complexite à Christine, Didier, Eric, Patrice, Philippe et René 

 1 Matérialisée en différentes expressions, de l’absence de son exercice à son paroxysme
2 Seules les lois naturelles et de physique, en ce qu’elles soumettent le monde entier, ne sont pas contestées
3 L’attaque -souvent renouvelée- d’une liberté vise à l’ébranler mais aussi à la restreindre par la peur
4 La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule (JJ. Rousseau)
5 Avec appel à la rescousse des commensaux
6 La multiplication des lois augmente, au contraire, les frottements intersticiels
7 Restreindre l’une des expressions de la liberté la modifie
8 Ce que certains appellent pédagogie et qui emporte une dose de suffisance
9J urisprudence, obligations, droits, et interdits
10 Le premier qui dit la vérité, d’abord on le tue puis on s’habitue (G. Béart)
11 L’opinion que nous défendons n’est que notre hypothèse préférée, nécessairement imparfaite, ... que seuls les très bornés peuvent faire passer pour une certitude ou une vérité (M. Kundera)

 
 

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2 commentaires

#1  - bourino a dit :

merci Dominique pour ton site,
et pour ce thème "la liberté" tellement d'actualité avec ce virus politiquement utilisé pour nous mettre des muselières et exiger des gestes prisons
un petit témoignage, que je n'ai pas vu dans ton texte = juger une pensée n'est pas juger un comportement. Une civilisation a besoin de points d'accord partagés sur des comportements, pas sur des pensées.
Plus je suis libre mois je juge une pensée, moins je la condamne, mieux je l'accueille, et ne témoigne de mon point de vue ... que selon le contexte.
Qui aime une civilisation des libertés mesure sa propre liberté à combien il aime que l'autre soit autre.
Canaliser la liberté des comportements a pour fondation d'aimer accueillir la diversité des pensées. C'est ce que je crois. ... et ce que tu pratiques, merci

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#2  - Jean Marie Quiesse a dit :

Comme pour la notion de tolérance, je pense qu'il convient de délimiter le champ où s'exerce le concept de Liberté. Elle est, en France, garantie par la constitution. Voici le préambule de celle de 1946 qui est la référence de toutes les autres modifications constitutionnelles postérieures.
"18. Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l'arbitraire, elle garantit à tous l'égal accès aux fonctions publiques et l'exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus."
Cette liberté se décline en "libertés" (de conscience, d'association, d'enseignement etc) garanties par l'instauration des conditions qui les permettent. Celles-ci relèvent alors de la loi elle même fondée sur le "bloc constitutionnel" qui garantit le droit à partir de 5 Valeurs à principe constitutionnels : le respect de la vie privée, la continuité de l'état, la fraternité, la liberté contractuelle et celle d'entreprendre). Le rôle de l’État est de mener les actes qui créent les conditions des libertés fondamentales. Non seulement il ne peut y porter atteinte, mais il doit œuvrer à leur application par des mesures positives. (Ainsi s'explique par exemple la remise en cause de l’État face aux questions environnementales qui font partie de la Constitution depuis 2004)... Difficile de simplifier la "Liberté" alors que son champ intérieur s'étend au fur et à mesure de l'évolution de la société mais que les règles du Droit doivent aussi s'adapter, par exemple en termes de commerce et d'entreprise) à d'autres modèles extérieurs.

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