Simplication

des procédures, des formulaires, des objets et des concepts

raisons d'un gouvernement

Rédigé par dir 4 commentaires

Voici cinq bonnes (ou mauvaises) raisons à cause desquelles un gouvernement (français) a du mal à simplifier. 

  1. Le manque de préparation psychologique rend brutales les suppressions envisagées par la loi de simplification. Le déséquilibre apparaît alors entre le symbolique et le rationnel. Car il faut bien dire que toute complication peut se justifier : il est loin le temps des dispositions absurdes. Les échecs précédents modèrent l'ardeur ; parfois il faut même prévoir la reculade pour laisser gagner certaines catégories.
  2. Les relais, qui dans un premier temps sauraient mettre en garde puis abandonner de leur pouvoir, ne perdurent suffisamment dans la loyauté. La critique est si tentante. 
  3. Plus structurellement, des freins se révèlent toujours avec les opposants systématiques, les beaux ronchons mais ceux qu'hérissent les réalités inquiétantes de moins de travail à venir, de moins de savoir, de moins de confidentialité et plus de transfert de compétence. Les peurs érigent les barricades.
  4. Le temps éloigne les espoirs par la lenteur des résultats sur la durée d'un mandat, le traitement inévitablement du stock des situations actuelles, les accommodements nécessaires en cours et les effets de bord. La balance entre les coûts et les gains espérés se dégrade.
  5. La complication ressurgit bien facilement ; c'est une évolution naturelle du vivant et la marque d'une sollicitude aux différentes catégories. Les intérêts se déploient au fil du temps ; par exemple le ministère de la culture a multiplié ses effectifs en quelques décennies. 
Classé dans : exemple Mots clés : aucun

4 commentaires

#1  - armand a dit :

1 - La première difficulté du gouvernement, est la réalité de la puissance de frein du peuple. Macron n'est pas con : il passera en force dans la limite du bilan "profits et coûts" de ses réformes. Si ça coûte plus que ça rapporte, il ne fera pas.

2 - Mais il faut compter aussi sur la capacité de blocage de ses propres administrations. Il est probable qu'il aura à se défaire des plus récalcitrants aux postes élevés s'il ne veut pas qu'on sabote son travail.

3 - Disons aussi que chaque élection (bientôt le Sénat), l'oblige à prendre position : annoncer ses intentions c'est bien, mais si ça conduit à être battu, donc à ne pas les voir se réaliser, c'est stérile. Quelle campagne va-t-il donc faire ?

4 - Sa propre capacité de résistance : les fruits des réformes ne seront pas visibles avant longtemps. De quoi se décourager et revenir dans le rang... des immobilistes. Se contenter d'un peu de réformettes pour mieux dormir.

5 - Et comme il faut une réponse en 5 points, nul n'est à l'abri d'un accident de santé, or, en cas de défaillance médicale, il n'y a personne pour le remplacer. Il n'est pas entouré de généraux mais d'adjudants. Sa pensée n'y survivrait pas.

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#2  - ghislaine a dit :

Soit on repart de zéro, ce qui laisse un grand vide et pas mal de panique (contrats aidés actuellement, qui gelés depuis le premier juillet mettent pas mal d'asso en difficulté sur l'accompagnement à la rentrée par exemple.... ), soit on ajoute des nouveaux précepts avant de supprimer les éléments précédents, on ne simplifie donc pas dans l'immédiateté.
Soit on surprend en supprimant, on ne simplifie donc pas la communication, soit on ajoute pour améliorer et on ne simplifie pas l'administration.
La seconde solution semble la plus confortable à passer et aussi la plus compliquée en termes de simplification.
Bref, un tout petit commentaire avant le grand débat du 10/10 où j'aurai le plaisir de tous vous retrouver :).
Joyeuse rentrée à tous :

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#3  - claude a dit :

1 Remettre en cause l'existant ( modifier les organisations, les procédures, les habitudes)
2 Aller vers la nouveauté synonyme d'inconnu, d'hypothétique quand au résultat escompté
3 Devoir affronter de nouveaux problèmes administratifs, politiques, humains
4 Insatisfaire majoritairement
5 Le coût de la simplification

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#4  - Claudine a dit :

Voici une raison qui me paraît susceptible de freiner un gouvernement pour simplifier :
le gouvernement ne souhaite pas porter atteinte à son "pouvoir".

En effet qu'il s'agisse de la rédaction d'un projet de loi ou bien d'une réforme (excercice
délicat et périlleux) dans les 2 cas les rédacteurs sont des énarques ou des techniciens
spécialisés dans la matière à traiter. Dès lors on entre dans la complication, outil du pouvoir : les mots choisis, la longueur et quelquefois l'ambiguïté des textes laissent peu de chance de prospérer à la simplification.

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