Simplication

des procédures, des formulaires, des objets et des concepts

orthographe

Rédigé par dir 2 commentaires

La simplification de l'orthographe n'est ni récente ni importante ; quelques accents circonflexes sautent et les nénufars ne se réclameront plus du grec. Pourtant la réforme déchaîne des passions où se croisent la défense de la culture, la transmission au travers des siècles, les vibrations des mots, les charmes de la graphie. D'autres brandirons, à l'inverse, la bonne orthographe comme signe d'une classe sociale donc de pouvoir.

Il est donc utile de réfléchir préalablement au sens de l'orthographe et de bien délimiter son champ pour ne pas y mêler les sms et ses codes, l'envahissement de l'anglais ou autres déviances. C'est une lapalissade de remarquer qu'il n'y a pas de faute d'orthographe à l'oral et que la réforme n'enrichit pas le vocabulaire pour autant.

Le simplificateur remarquera que la tolérance d'une double orthographe va vers une forme de complication par redondance ; certes nous avions déjà clé et clef. L'intention paraîtra louable à ce simplificateur d'éviter les erreurs. Même au prix de modifier la norme. Car ladite norme n'est qu'invention humaine, une construction où, par exemple, le h se faufile dans le mot ébahi pour permettre de mieux le prononcer

Mais c'est la peut-être le point focal de la récrimination. Il est reproché une décision venant d'en haut, d'un cénacle d'experts, qui s'imposerait au peuple sans rechercher à accueillir l'usage. l'Académie garante de la norme semble rechigner. 

Or l'Académie a fixé des règles pour accompagner le développement de l'imprimerie ; les règles d'aujourd'hui sont relayées par les logiciels correcteurs orthographiques. Et à l'heure du raz-de-marée numérique, pourquoi réformer ce qui s'automatise déjà ?

 

Classé dans : exemple Mots clés : aucun

2 commentaires

#1  - bb34560 a dit :

cette reforme est politique et à mettre en parallèle avec la volonté du gouvernement Jospin d'augmenter le taux de réussite au bac.

En 1967 le taux de reussite etait de 62 % (apres la session de septembre).
En 2016 on vient d'annoncer 92 %.
La population est donc plus formée et plus intelligente qu'avant !

Avec l'application de la réforme de l'Orthographe, il est probable qu'il y aura de moins en moins de fautes d'orthographe .
La population sera donc meilleure en orthographe !

Même si on perd un peu de notre identité, cette réforme correspond cependant à une vrai simplification.

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#2  - Jean Marie Quiesse a dit :

Merci pour cette synthèse.
Au delà des considérations morales, sociales politiques, du mystère qui entoure la relation des français à l'orthographe, de la passion d'en faire un monument historique classé, je voulais juste préciser que l'orthographe évolue surtout au fur et à mesure que les technologies de communication graphiques se transforment et les pratiques aussi. Ainsi les romains utilisaient tout le temps les abréviations parce que l'espace sur une pierre ou une tablette était très réduit (exemple INRI sur la crois du Christ). De plus il fallait payer le scribe non pas au mot mais à la lettre...! (expression à la lettre près). Cette pratique s'est poursuivie jusqu'à l'invention de l'imprimerie. Les copistes ajoutaient des lettres, doublaient les consonnes pour cette raison. La technique de l'impression a conduit à une première grande réforme de l'orthographe pour des raisons de normalisation, d'uniformisation et donc de simplification. Le développement de la communication numérique et des correcteurs automatiques représentent la nouvelle révolution technique dans le domaine de la production et de la reproduction des textes écrits. Elle ne sera pas sans conséquence sur la transmission et de la construction des orthographes surtout sur un média qui fait davantage appel à l'image et à de nouveaux signes.

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